Réservoir de Montsouris
posté dans Exploration Urbaine, Toiturophilie, Cataphilie, Grands bâtiments using tags eau, Montsouris, paris, réservoirs, sagep |Situé en plein Paris, le réservoir de Montsouris est la plus grande réserve d’eau potable de la ville. Construit en 1863, il est toujours utilisé aujourd’hui pour distribuer l’eau du robinet aux Parisiens.
En arrivant par l’avenue Reille, le réservoir prend la forme d’une vaste colline aux flancs engazonnés et flanqués de petits bâtiments. En y regardant de plus près, la sécurité est maximum sur ce site. De nombreuses caméras se disent mutuellement bonjour, tandis que les murs sont pourvus de barrières anti-intrusions. Ce réservoir est le fort Knox de l’eau !
Devant l’entrée principale, je retrouve mon guide. C’est elle qui va me guider pendant cette visite privée. En attendant que les formalités soient faites (c’est vraiment impossible de rentrer !), nous allons faire un tour sur le dessus du réservoir.
Quelle surprise quand je constate que le dessus n’est qu’une vaste pelouse grande comme 3 terrains de football ! Un vaste engazonnement dont la plupart des parisiens aimeraient profiter pendant les journées d’été !
(panoramique)
A ce propos, des parties de football furent organisés pendant la guerre pour éviter les bombardements. Cela laissait croire à l’ennemi que cet emplacement n’était qu’un vaste centre sportif !
La pelouse donne accès à plusieurs bâtiments techniques qui permettent le passage de l’eau ou sont analyse. L’architecture est soignée, avec de jolies motifs et décors. Ce serait idéal de retrouver autant de volutes sur les bâtiments modernes !
Une des portes semble même être l’accès à l’escalier en colimaçons qui s’enfonce sous le réservoir dans le réseau de consolidation des anciennes carrières. A l’époque, le sous sol était gorgé d’anciennes excavations, qui durent être reprises pour éviter l’effondrement du futur réservoir. Ce fut l’Inspection Générale des Carrières qui réalisa les travaux de soutènement à près de 30m de profondeur. Pas moins de 150 ouvriers travaillèrent sur ce chantier. Ils y trouvèrent 5 fontis, avec des cloches de 8 à 11 mètres de haut. L’ensemble fut consolidé par de nombreux piliers construits à la verticale même de ceux du réservoir.
Revenu vers l’accueil, nous avons l’agréable surprise de pouvoir enfin pénétrer dans l’intérieur du réservoir ! Les maigres lumières de l’intérieur laissent d’abord entrevoir des aquariums vides et de nombreux robinets. Autrefois des poissons y prenaient places et y attestaient de la qualité de l’eau. Les robinets sont eux toujours utilisés pour prélever les différents types d’eaux (eau de la Vanne, du Lunain, mélange, …). C’est le laboratoire d’hydrologie de la Ville de Paris (le Crecep, Centre de Recherche d’Expertise et de Contrôle des Eaux de Paris) qui est chargé de faire les analyses. L’eau du réservoir est vérifiée en moyenne 3 fois par jour !
L’eau de Montsouris alimente le 14ème, un bout du 15ème et du 6ème arrondissement. En fonction du quartier, l’origine de l’eau est différente. Sur le site du Crecep, une carte permet de savoir de quel UDI (Unité de Distribution ?) on dépend.
En passant le dernier virage, nous débouchons enfin sur le réservoir. La vue est surprenante ! Un nombre incalculable de piliers soutient des voûtes qui s’étendent à perte de vue. A leurs pieds, l’eau bleu joue avec l’ocre rouge des murs. C’est un spectacle impressionnant.
La galerie de circulation a une forme ovoïde, on dirait un égout, mais d’une propreté insoupçonnée ! En la parcourant, les perspectives changent et le jeu des piliers devient réellement déroutant. Dire que la pelouse tient sur ces 1800 piliers !
Les conduites d’adductions doivent faire un bon mètre de diamètre. Les systèmes de vidange sont impressionnant, on dirait de gigantesques chasses d’eaux !
L’obscurité est si profonde dans ce lieu que je ne dois mon salut qu’à ma frontale et mon projecteur 1 millions (et quelques) de Lumens !
Après un bon tour, il est déjà temps de repartir. Nous regagnons l’accueil et affrontons enfin l’aveuglante lumière du jour.
Ce fut une merveilleuse visite, merci à mon guide Myrtille !








