Ce soir, les Noblesses Oblige ont passé une nuit blanche à la poursuite des secrets du métro parisien. L’association ADEMAS organise une fois par mois une virée nocturne dans un métro du début XXème. L’idée est de présenter le réseau de métro sous un regard différent par la visite d’anciennes stations abandonnées et l’utilisation des voies de raccord entre les différentes lignes.
Malheureusement, cette visite est souvent complète. Beaucoup de personnes souhaitent y participer, mais une visite par mois (et 200 places dans le train) limite beaucoup le nombre de participants. Chaque soirée est totalement réservée plusieurs mois à l’avance. En fidèle habitué (et membre) de l’association, j’avais réservé (plusieurs mois à l’avance !) pour mes nobles amis plusieurs places.
Après un excellent dîner chez mon pizzaiolo préféré (je recommande particulièrement ses pizzas et son tiramisu), nous sommes partis aux Ateliers de la Villette.
Après les formalités et le poinçonnage de nos tickets, j’ai laissé mes amis participer à la visite des ateliers (Visite privée de l’atelier RATP). Pendant ce temps, je profitais du calme relatif pour visiter le hangar à motrices et leur tirer le portrait. Je suis aussi descendu en fosse pour voir notre métro par en dessous. Mais l’ambiance calme de cet endroit est trompeuse : les frotteurs des métros sont à nus. Si le métro est alimenté, on risque l’électrocution en les touchant. Bref, vigilance maximum avec mon pied photo !!
Le temps passe (minuit) et il est déjà temps de monter dans le métro. Notre hôte pour ce soir est un ancien métro des années 30. C’est l’ancien modèle que nombre de Parisiens de plus de 35 ans ont connus. Après avoir rejoint la voie normale (avec du courant dans les rails…), nous attendons le feu vert pour nous glisser entre deux métros en service.
C’est chose faite, nous franchissons les stations sans même nous arrêter, sous l’œil incrédule et/ou surpris des personnes sur les quais. Nous entamons une longue descente sur la ligne 7, ponctuée de nombreuses explications technico-historique sur le métro.
Arrivés à la station Place-Monge, nous changeons de voie, et prenons la correspondance ferrée vers la ligne 10. Multiples arrêts, changements de sens pour finalement aboutir dans le tunnel de la ligne 10. C’est d’ailleurs très sympa, car nous utilisons les rails et le tunnel au milieu des voies. Pour les utilisateurs de la ligne 10, c’est le mystérieux tunnel entre Cardinal Lemoine et Cluny La Sorbonne (c’est d’ailleurs l’explication de la troisième voie à cette station).
Nous avançons jusqu’à la station la Motte Piquet Grenelle. Nous y effectuons plusieurs changements de sens et passons à chaque quai des lignes 10 et 8 ! C’est très amusant de passer quatre fois de suite dans la même station !
Une fois repartie, nous empruntons la ligne 8 et nous arrêtons dans la station abandonnée St Martin. Les décors sont toujours aussi beaux, malgré les tags et autres dégradations. Une fois notre visite finie, nous rejoignons le quai de la ligne 9 pour partir vers Boulogne.
Après moult changements de directions et le passage dans le parking à métro, nous accédons enfin à la station fantôme porte Molitor, qui devait permettre l’accès au stade du Parc des Princes. Même si les quais ont été construits, les escaliers n’ont jamais été réalisés. Aujourd’hui, cette station oubliée sert de parking pour les métros de la ligne 10.
Le train siffle, il est temps de repartir, mais en utilisant la ligne 10.
Nous repassons à l’envers de notre premier trajet et nous arrêtons à la station Croix Rouge. La station a conservée son joli décor balnéaire, mais la sortie a été remplacée par un gros ventilateur (comme beaucoup de stations abandonnées sur le réseau).
Nous continuons ensuite vers Odéon pour changer de ligne et emprunter la 4. Pour cela, nous nous engouffrons dans un tunnel en cul de sac. Cette voie de rebroussement permet d’aller au choix sur la 10 ou la 4. Elle sert aussi à changer la manière de capter le courant. La ligne 4 est une ligne pour matériel pneus. Les rails de courant ne sont pas situés aux mêmes endroits que sur les lignes fers. Après la mise en place des frotteurs, nous pouvons repartir et filer au Nord avec la ligne 4. Ça me rappelle mes souvenirs d’ancien habitué de cette ligne !
Arrivés à Barbès Rochechouart, nous changeons encore de voie, pour mieux repartir dans l’autre sens et pénétrer dans le tunnel de correspondance avec le centre d’instruction USFRT (sous la Gare du Nord). A nouveau, nous changeons encore de frotteurs et repartons vaillamment !
Il se fait tard (vers les 3h30) et certains passagers s’endorment (bercés par la douceur des anciennes rames Sprague). Arrivés au centre d’instruction, nous avons le droit à une collation, et pouvons descendre sur les voies pour une visite sous tunnel (j’adore toujours autant cette partie). J’en profite pour m’éclipser (comme d’habitude) et faire une photo d’un appareil particulier à la jonction avec la ligne 5. Cet appareil est une “Oreille de Mickey”. Il est utilisé quand une voie de raccordement arrive en contresens de la ligne principale. Il évite ainsi son franchissement par mégarde et une possible collision. De loin ça ressemble à une grande oreille de Mickey, mais peinte en blanche et posée sur le rail.

Après le pot, nous repartons et utilisons la ligne 5 pour foncer jusqu’à la République. Une fois arrivée, nous faisons demi tour pour repartir vers la Gare de l’Est (eh oui, y’a pas d’aiguillage avant !). A la Gare de l’Est, nous pouvons changer pour la dernière fois de ligne et revenir sur la 7. Nous filons ensuite vers le Nord et prenons l’embranchement des Ateliers. Une fois immobilisée, le courant coupé et les escabeaux posés devant le métro, nous pouvons enfin descendre. Il est juste 5h13 !
Allez, direction dodo !
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